Cent cinquantenaire de Nerville

Nerville réclame et obtient son "indépendance" en 1863

Lors de la création des communes par l’Assemblée Nationale, par une loi du 14 décembre 1789 qui les désigne comme les plus petites divisions administratives (en remplacement des "paroisses"), Nerville n’est qu’un hameau de Presles. Mais très rapidement ses habitants désirent leur indépendance. Si les gens de Presles et les gens de Nerville s’entendent bien, les petits conflits ne manquent pas : on accuse les cerfs de descendre des futaies de Nerville pour piller les récoltes des Garennes de Presles ; la section "vassale" de Nerville conteste les impôts et le bornage décidés par Presles la commune "suzeraine", etc.

Par ailleurs, il faut parcourir plus de trois kilomètres pour accomplir la moindre formalité.

Aussi, à partir de 1840, Nerville rêve d’indépendance.

Une enquête administrative est ouverte par le juge de Paix de l’Isle Adam. Elle fait ressortir un certain abandon du hameau où personne ne représente l’autorité civile, religieuse ou policière, d’où "un certain relâchement au point de vue de la religion, de l’ordre, de l’autorité et du respect des lois".

En outre, "La nature du terrain, la pente souvent rapide, sa direction vers le nord, rendront toujours d’un parcours difficile en hiver et dans les temps pluvieux" écrit le juge de paix. Il plaint les habitants du hameau isolé "d’avoir à franchir une distance aussi considérable, toutes les fois qu’une naissance, un mariage, un décès ou toute autre circonstance leur impose la nécessité de venir à la mairie ou à l’église".

En 1851, Nerville compte 443 habitants. Les territoires du hameau couvrent 340 hectares.

L’ancienne chapelle, dite chapelle Saint Claude, qui se trouvait près de l’angle actuel de la rue Saint Claude et de la rue André COMMELIN (en bas de la place du château) est en ruine. C’est alors que, dans le cadre d’un échange proposé en 1835 par la comtesse de RUTY, l’ancienne chapelle et une sente lui sont attribuées et qu’elle s’engage à faire construire une nouvelle église (l’église actuelle) et une "maison d’école" (le 43 rue Saint Claude).

Le juge de paix, quant à lui, approuve les nervillois qui veulent être séparés de Presles : "Nerville aurait un maire pour représenter l’autorité civile, un curé qui surveillerait l’éducation donnée aux enfants, et dont les efforts pourraient peut-être ranimer quelques étincelles de foi, la police y serait faite et les cabarets surveillés, car le commissaire de police cantonale et la gendarmerie seraient obligés de la visiter dans leurs tournées. En un mot, il nous semble que les intérêts de la moralité, de la religion et du bon ordre aussi que l’équité nous font un devoir d’appuyer la demande des pétitionnaires".

Par ailleurs, les comptes rendus du conseil municipal de Presles "constatant que Nerville continue de réclamer avec ardeur et persévérance son érection en commune détachée de Presles ont appuyé ce geste et légitime vœu".
Le 16 août 1863, le conseil municipal rappelait que de nombreuses enquêtes officielles étaient favorables, que le Conseil d’Etat avait pris le 6 février 1859 une décision qui érigeait Nerville en commune et qu’il ne manquait que le décret impérial.

Ce dernier fut signé par l’empereur le 9 septembre 1863.

C'est pourquoi Nerville la forêt a fêté le 150e anniversaire de son indépendance en 2013 ; à cette occasion un livre a été édité et reste disponible en mairie.

Nous aurons l'occasion de reparler de cette indépendance; notamment après l'intégration forcée du village dans une intercommunalité.